Après le décès du fondateur de Super-F Fragrance, Caroline Arsenault et Gerardo Zaccara ont repris l’entreprise familiale sans expérience préalable en entrepreneuriat. Découvrez un parcours marqué par la relève, la résilience et la volonté de faire grandir l’entreprise.

Super-F Fragrance : reprendre le flambeau et faire grandir l’entreprise familiale

Certaines aventures entrepreneuriales commencent par une idée d’affaires longuement réfléchie. Celle de Caroline Arsenault et Gerardo Zaccara, présidente et vice-président de Super-F Fragrance, a pris une tout autre trajectoire.

L’histoire de l’entreprise débute en 1996 avec Paul Arsenault, le père de Caroline. Un an plus tard, Caroline et Gerardo se joignent à lui et commencent à apprendre le métier à ses côtés.

Ils sont alors loin de se douter qu’ils devront rapidement prendre la relève.

En 2000, le décès de Paul Arsenault bouleverse leur parcours. Après seulement trois années au sein de l’entreprise, Caroline et Gerardo doivent décider de la suite.

Ils choisissent de continuer. « C’était le bébé à mon père. Pour moi, c’était important de le faire grandir », raconte Caroline.

Près de 30 ans plus tard, Super-F Fragrance poursuit son développement autour de la même volonté qui avait mené à sa création : trouver des solutions concrètes à des problèmes d’odeurs parfois complexes.

Une entreprise née d’un problème bien réel

À l’origine de Super-F Fragrance se trouve un enjeu très concret.

Dans les années 1990, les odeurs liées au purin, particulièrement lors des périodes d’épandage, génèrent des tensions entre certains producteurs porcins et leur voisinage.

Issu du domaine de la pétrochimie et entouré de chimistes, Paul Arsenault voit dans cette problématique une occasion de développer une solution.

« Il s’est dit : Il faut qu’on trouve une solution à ça », se rappelle Caroline.

Une première formule est développée, donnant ainsi naissance à Super-F Fragrance.

Avec le temps, l’entreprise élargit considérablement son champ d’intervention. Aujourd’hui, Caroline et Gerardo décrivent Super-F comme une entreprise spécialisée dans le contrôle des odeurs, que ce soit dans les secteurs industriel, municipal, agricole ou dans d’autres environnements où cette problématique est présente.

L’entreprise développe notamment des formulations à base d’huiles essentielles ainsi que ses propres systèmes de diffusion adaptés aux différentes réalités de sa clientèle.

Développer ses propres solutions

Cette expertise s’est construite progressivement.

Au fil des années, Super-F Fragrance ne s’est pas contentée de commercialiser des produits. L’entreprise a aussi développé ses propres systèmes afin d’adapter ses solutions aux environnements dans lesquels elles doivent être utilisées.

Parmi les technologies dont Caroline et Gerardo sont particulièrement fiers figure un système autonome conçu pour diffuser leurs formulations à base d’huiles essentielles.

Celui-ci peut notamment être installé autour d’installations industrielles ou de bassins d’eaux usées, à l’intérieur de bâtiments ou encore dans certains systèmes d’évacuation.

Son développement répond à une préoccupation constante de l’entreprise : proposer une solution qui soit à la fois efficace, simple à exploiter et adaptée aux conditions réelles dans lesquelles elle sera utilisée.

Pour Caroline et Gerardo, cette capacité à développer et à ajuster leurs solutions fait partie de ce qui permet à l’entreprise de répondre à une grande diversité de situations.

Une relève qui arrive beaucoup plus tôt que prévu

Le défi le plus important de leur parcours n’a toutefois pas été technologique. Il a été humain.

Lorsque Paul Arsenault décède en 2000, une grande partie de l’expertise et des relations d’affaires de Super-F repose encore sur lui.

« La tête de la compagnie, c’était mon père. Tout venait de lui, de ses connaissances et de son expérience », explique Caroline.

Caroline et Gerardo n’ont alors que quelques années d’expérience au sein de l’entreprise et aucune expérience réelle dans la gestion d’une organisation.

Du jour au lendemain, ils doivent apprendre à prendre des décisions, maintenir les relations avec les clients et les distributeurs et, surtout, rassurer les partenaires sur la continuité de l’entreprise.

Ils choisissent d’aller directement à leur rencontre.

Le couple se rend notamment en France et en Espagne afin de rencontrer des distributeurs et de leur montrer que Super-F Fragrance poursuivra ses activités.

Cette démarche devient l’une des premières grandes étapes de leur nouvelle réalité entrepreneuriale.

La relève n’avait pas été planifiée. Elle s’est imposée.

Demander de l’aide pour mieux avancer

Devant une situation aussi importante, Caroline et Gerardo comprennent rapidement qu’ils ne pourront pas tout apprendre seuls.

Le premier réflexe sera donc de demander de l’aide.

Une membre de leur famille possédant elle-même une expérience entrepreneuriale vient notamment les épauler afin de les guider dans leurs premières décisions.

« Pour relever le défi, on a commencé par demander de l’aide », explique Caroline.

Cette ouverture à aller chercher de l’expertise extérieure deviendra d’ailleurs un élément important de leur façon d’entreprendre.

Avec les années, le couple apprend à mieux évaluer les risques, à prendre des décisions malgré l’incertitude et à transformer les difficultés rencontrées en occasions d’apprentissage.

Caroline résume cette évolution par un mot : résilience.

Plutôt que de voir chaque obstacle comme un frein, elle a progressivement appris à y chercher ce que l’expérience pouvait lui apporter.

Grandir à l’international et mieux se faire connaître ici

Le parcours de Super-F Fragrance présente aussi une particularité intéressante : l’entreprise a développé une présence auprès de clients et de distributeurs à l’extérieur du Canada, tout en constatant qu’elle demeurait moins connue dans son propre marché québécois.

C’est notamment dans ce contexte que Caroline et Gerardo se tournent vers CieNOV.

L’objectif : mieux comprendre les leviers à leur disposition pour poursuivre le développement de l’entreprise et accroître sa visibilité au Québec.

L’accompagnement leur permet notamment d’être dirigés vers différentes ressources et différents programmes pouvant répondre à leurs besoins.

Mais pour Caroline, ce qui ressort surtout de cette relation est la qualité de l’accompagnement.

« Ce qui nous a marqués, c’est vraiment la qualité de l’accompagnement, leur écoute et leur façon de toujours nous trouver des solutions. »

Elle retient également cette capacité à encourager les entrepreneurs à continuer d’avancer, même lorsqu’un projet rencontre des obstacles.

Une approche qui rejoint directement l’un des grands apprentissages de leur propre parcours : savoir demander conseil lorsqu’on en a besoin.

Une fierté qui va bien au-delà des produits

Lorsqu’on leur demande quelle est aujourd’hui leur plus grande fierté, Caroline et Gerardo pourraient parler de leurs produits, de leurs systèmes ou de leur développement à l’international.

Mais leur réponse revient plutôt au chemin parcouru.

« Notre plus grande fierté, c’est notre capacité à avoir traversé les défis avec les années. »

Reprendre une entreprise sans avoir l’expérience nécessaire, apprendre sur le terrain, rassurer une clientèle après le décès du fondateur, développer de nouveaux marchés et continuer à faire évoluer l’organisation : pour eux, c’est l’ensemble de cette histoire qui donne aujourd’hui tout son sens au parcours de Super-F Fragrance.

Près de trois décennies après avoir rejoint Paul Arsenault dans l’entreprise qu’il venait de créer, Caroline et Gerardo peuvent regarder le chemin parcouru avec fierté.

Ils ont repris le flambeau. Puis ils ont écrit leur propre chapitre.

Se faire confiance, sans hésiter à s’entourer

Le conseil de Caroline aux personnes qui songent à entreprendre résume finalement assez bien son propre parcours.

« Il faut se faire confiance et foncer. »

Mais cette confiance ne signifie pas qu’il faut avancer seul. Au contraire.

« Il ne faut pas hésiter à demander des conseils à des organismes ou à des gens qui sont là pour aider. »

Après près de 30 ans d’entrepreneuriat, cette combinaison entre confiance, persévérance et capacité à demander de l’aide demeure au cœur de sa vision.

Parce qu’entreprendre ne signifie pas nécessairement avoir toutes les réponses dès le départ.

Parfois, il s’agit surtout d’être prêt à apprendre, à traverser les imprévus et à continuer d’avancer.

Découvrez le parcours de Caroline Arsenault et Gerardo Zaccara en visionnant la capsule de notre série Portrait d’entrepreneur.

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